La question de la prise en compte des enjeux climatiques par les acteurs financiers s’invite progressivement dans les débats. Le cadre de contrôle interne se doit d’intégrer ces nouveaux facteurs de risque qui peuvent influer sur le business model.
Le comité de Bâle vient d’émettre un document consultatif quant aux bonnes pratiques sur la gestion des enjeux climatiques[1]. Le thème est d’actualité et, dans la continuité des rapports sur cette thématique[2]. Le comité de Bâle cherche ainsi à cadrer le dispositif de gouvernance sur ce sujet.
Nous reprenons ci-après les principaux éléments de ce document, structuré autour de 18 principes, en les traduisant en préconisations.
1. Concernant la gouvernance et l’organisation du dispositif
Les établissements se doivent de prendre en compte les impacts potentiels des facteurs de risque liés au climat sur leurs modèles d’affaires individuels et évaluer la matérialité financière de ces risques.
Les banques doivent gérer les risques financiers liés au climat d’une manière proportionnée à la nature, à l’échelle et à la complexité de leurs activités et en fonction de leur appétence au risque.
Les risques liés au climat peuvent avoir des impacts très diversifiés en termes de secteurs et de zones géographiques concernés.
De plus, les enjeux climatiques peuvent influer sur les risques sur des périodes plus longues que 2 à 3 ans, durée généralement liée à la planification des fonds propres.
La banque doit ainsi disposer d’un dispositif permettant de s’installer dans la durée tout en étant flexible et réactif eu égard aux incertitudes futures.
2. Principes de gouvernance : responsabilité et compétence
Principe 1 : Les banques doivent élaborer et mettre en œuvre un processus structuré permettant de comprendre et d’évaluer l’impact potentiel des facteurs de risque liés au climat sur leurs activités et sur les environnements dans lesquels elles opèrent.
Principe 2 : Le conseil et la direction générale doivent attribuer clairement les responsabilités liées au climat aux acteurs de la gouvernance et exercer une surveillance efficace des risques financiers liés au climat.
Préconisations
- S’assurer que le conseil et la direction générale ont une compréhension adéquate des risques financiers liés au climat et que la direction générale dispose des compétences et de l’expérience adéquates pour gérer ces risques. Si nécessaire, les banques doivent renforcer le niveau d’expertise du conseil et des dirigeants.
Principe 3 : Les banques doivent adopter des politiques, procédures et contrôles appropriés et les mettre en œuvre au sein de l’organisation, pour assurer une gestion efficace des risques financiers liés au climat.
3. CADRE DE CONTROLE INTERNE : rôle des lignes de maîtrise
Principe 4 : Les banques doivent intégrer les risques financiers liés au climat dans leurs cadres de contrôle interne à travers les trois lignes de défense afin de garantir un dispositif d’identification, de mesure et d’atténuation solide, complet et efficace des risques financiers liés au climat.
Préconisations
Inclure une définition et une attribution claires des responsabilités liées au climat et des lignes hiérarchiques dans l’ensemble de l’organisation dans le cadre du contrôle interne.
- Préciser le rôle des lignes de maîtrise :
- La première ligne : évaluations des risques liés au climat lors de l’accueil du client, de la demande de crédit et du crédit. Le personnel doit être suffisamment sensibilisé et disposer d’une compréhension suffisante pour identifier les risques financiers potentiels liés au climat.
- La deuxième ligne de défense : la fonction de risque doit être responsable de l’évaluation et de la surveillance indépendantes des risques liés au climat, y compris la remise en question de l’évaluation initiale effectuée par le personnel de première ligne.
- La fonction de conformité doit veiller au respect des règles et des réglementations applicables.
- La troisième ligne de défense, la fonction d’audit interne, doit procéder à des examens réguliers du cadre et des systèmes de contrôle interne globaux à la lumière des changements de méthodologie, des activités et des risques ainsi que de la qualité des données utilisées.
4. Un enjeu de capital et de liquidité
Principe 5 : Les banques doivent identifier et quantifier les risques financiers liés au climat et intégrer ceux qui sont jugés importants à des horizons pertinents dans leur évaluation interne de l’adéquation des fonds propres et de liquidité.
Préconisations
- Élaborer des processus permettant d’évaluer l’impact sur la solvabilité des risques financiers liés au climat qui peuvent se manifester au cours de l’horizon de planification des capitaux (ICAAP).
- Evaluer si les risques financiers liés au climat sont susceptibles d’entraîner des sorties nettes de trésorerie ou un épuisement des réserves de liquidités, dans l’hypothèse d’un maintien du statu quo et de conditions de stress.
- Construire des scénarii avec des horizons temporels pertinents afin d’évaluer l’impact éventuel sur l’adéquation de la liquidité (ILAAP).
5. gestion des risques : un entrant potentiel au sein du RAF[3]
Principe 6 : Les banques doivent identifier, surveiller et gérer tous les risques financiers liés au climat qui pourraient altérer leur situation financière, notamment leurs ressources en capital et en liquidité.
Préconisations
- Intégrer ces enjeux dans le cadre d’appétence au risque (Risk Appetite framework – RAF) et suivi de cette appétence.
- S’assurer, en tant qu’instance de gouvernance, de la prise en compte de ces enjeux, selon leur significativité.
- Evaluer régulièrement les risques financiers liés au climat et fournir des définitions et des seuils clairs (limites) relatifs à ces risques.
- Intégrer les enjeux de concentrations, en particulier celles liées à l’industrie, aux secteurs économiques et aux zones géographiques.
- Elaborer des indicateurs clés de risque appropriés pour une gestion efficace des risques significatifs liés au climat, indicateurs qui s’inscrivent dans le circuit d’information et de communication (dispositif d’escalade).
6. PILOTAGE ET COMMUNICATION : enjeu d’information et de qualité des données
Principe 7 : Les capacités d’agrégation des données sur les risques et les pratiques internes de communication sur les risques doivent tenir compte des risques financiers liés au climat. Les banques doivent veiller à ce que leurs systèmes internes de reporting soient capables de piloter les risques financiers importants liés au climat et de produire des informations en temps utile pour assurer l’efficacité de la prise de décision du conseil et de la direction générale.
Préconisations
- Disposer de capacités d’agrégation des données sur les risques afin de faciliter l’identification et la déclaration des expositions aux risques, des concentrations et des risques émergents.
- Disposer de systèmes permettant de collecter et d’agréger les données relatives aux risques financiers liés au climat dans l’ensemble du groupe bancaire, dans le cadre de la gouvernance globale des données.
- Trouver une situation intermédiaire lorsque des données fiables ou comparables sur le climat ne sont pas disponibles ; possibilité d’utiliser des approximations et des hypothèses raisonnables comme alternatives dans les rapports internes, afin d’améliorer la qualité des données.
- Impliquer activement les clients et les contreparties et collecter des données supplémentaires afin de mieux comprendre les risques financiers liés au climat.
- Mettre en place des reportings adaptés et périodiques
7. INFLUENCE DES ENJEUX CLIMATIQUES SUR LA GESTION DU RISQUE DE Crédit
Principe 8 : Les banques doivent prendre en compte l’impact des facteurs de risque liés au climat sur leurs profils de risque de crédit et veiller à ce que les systèmes et processus de gestion du risque de crédit tiennent compte des risques financiers importants liés au climat.
Préconisations
- Disposer de politiques et de processus de crédit clairement définis pour intégrer ces facteurs de risque dans le processus de gestion du risque de crédit (y compris risque de contrepartie).
- Prendre en compte les risques financiers importants liés au climat dans l’ensemble du cycle de vie du crédit ainsi que dans le processus d’intégration et du suivi continu des profils de risque des clients.
- Surveiller le risque de concentration lié aux enjeux climatiques : identifier, mesurer, évaluer, surveiller, déclarer et gérer ces concentrations (concentration sur certaines zones géographiques ou secteurs en lien avec les facteurs climatiques).
8. Gestion globale des risques de marché, de liquidité, opérationnels et autres
Principe 9 : Les banques doivent appréhender l’impact des facteurs de risque liés au climat sur les encours liés au risque de marché et s’assurer que les systèmes et processus de gestion du risque de marché prennent en compte les risques financiers importants liés au climat.
Préconisations
- Identifier les facteurs de risque liés au climat qui pourraient influer sur la valeur des instruments financiers des portefeuilles ; évaluer le risque potentiel de pertes et de volatilité accrue des portefeuilles, et établir des processus efficaces de maîtrise de ces risques.
- Elaboration éventuelle de stress scenarii dans le cadre du portefeuille de négociation (notamment pour évaluer les enjeux en termes de liquidité des instruments).
- Evaluation de l’influence des enjeux climatiques sur la valorisation et la liquidité des instruments de couverture.
Principe 10 : Les banques doivent prendre en compte l’impact des facteurs de risque liés au climat sur leur profil de risque de liquidité et s’assurer que le processus de gestion de ce risque les intègre correctement.
Préconisations
- Évaluer l’impact des risques financiers liés au climat sur les sorties nettes de trésorerie (exemple : augmentation des tirages sur les lignes de crédit, accélération des retraits de dépôts) ou la valeur des actifs constituant les réserves de liquidité.
- Prendre en compte ces impacts, le cas échéant, dans le calcul des coussins de liquidité et dans leur cadre de gestion du risque de liquidité.
Principe 11 : Les banques doivent comprendre l’impact des facteurs de risque liés au climat sur leur risque opérationnel et s’assurer que les systèmes et processus de gestion des risques prennent en compte les risques significatifs liés au climat.
Plus largement, l’ensemble des risques doit être pris en compte comme le risque stratégique et de réputation ainsi que le risque de non-conformité.
Préconisations
- Évaluer l’impact des facteurs de risque liés au climat sur les opérations en général et sur la capacité à continuer à fournir des services essentiels.
- Prendre en compte l’influence des risques liés au climat sur la continuité d’activité et évaluer la pertinence des plans de continuité actuels.
- Anticiper les enjeux stratégiques, réputationnels, de litige et/ou de responsabilité qui pourraient naître de l’évolution du contexte réglementaire et des attentes des parties prenantes.
- Intégrer ces enjeux en amont de la stratégie.
9. Le rôle des scénarii
Principe 12 : Le cas échéant, les banques doivent recourir à l’analyse de scénarii, réaliser des simulations de crise, pour évaluer la résilience de leurs modèles d’entreprise et de leurs stratégies face à un contexte d’incertitude vis-à-vis de l’impact de ces enjeux.
Ces analyses doivent prendre en compte les risques physiques et de transition en tant que facteurs de risque de crédit, de marché, opérationnel et de liquidité en s’appuyant sur une série d’horizons temporels pertinents.
Préconisations
- Le ou les objectifs de l’analyse des scénarios climatiques, y compris les simulations de crise, doivent être en lien avec les objectifs globaux de la banque en matière de gestion des risques climatiques, tels que définis par les instances de gouvernance (rôle du Conseil et de la direction générale).
- Exemple d’objectifs (en lien avec ce qui a été présenté précédemment) :
- Analyser l’impact du changement climatique et de la transition vers une économie à faible émission de carbone sur la stratégie de la banque et la résilience de son modèle d’entreprise ;
- Identifier les facteurs de risque liés au climat ;
- Mesurer la vulnérabilité de la banque aux enjeux climatiques et estimer les expositions et les pertes potentielles ;
- Evaluer les limites des données et des méthodes de gestion des risques climatiques ;
- Mettre en place un circuit d’information et de communication afin de faciliter le pilotage par la direction de la banque sur l’évolution de la situation. Apporter une visibilité périodique sur la maîtrise de ces enjeux.
- Définir des scénarii adaptés en fonction du business model de la banque, son profil de risque et sa stratégie commerciale.
- Disposer de capacités et d’expertise suffisantes pour mener à bien l’analyse des scénarii climatiques qui doivent être proportionnés à la taille, au modèle économique et à la complexité des opérations.
- Utilisation d’une gamme d’horizons temporels, du court au long terme, afin de cibler différents objectifs de gestion des risques. Les périodes plus longues (niveaux d’incertitude plus élevés), peuvent être utilisées pour évaluer la résilience des stratégies et des modèles d’affaires existants face aux changements structurels de l’économie, du système financier ou de la répartition des risques.
10. Les enjeux de supervision
Enfin, des principes sont établis concernant le rôle et missions du superviseur vis-à-vis de ces enjeux. Nous les présentons ci-après, sans que ces principes appellent de remarques particulières.
Principe 13 : Les superviseurs doivent déterminer si l’intégration par les banques des risques financiers importants liés au climat dans leurs stratégies commerciales, leur gouvernance d’entreprise et leurs cadres de contrôle interne est solide et complète.
Il s’agit notamment de s’assurer de la correcte prise en compte par les instances exécutives et délibérantes de ces sujets.
Préconisations
- Évaluer l’efficacité de la surveillance des risques financiers liés au climat par le conseil et la direction générale et vérifier que le conseil et la direction générale reçoivent des rapports internes précis et appropriés sur les risques financiers importants liés au climat afin d’exercer cette surveillance.
Principe 14 : Les superviseurs doivent déterminer si les banques sont en mesure d’identifier, de suivre et de gérer de manière adéquate tous les risques risques financiers significatifs liés au climat, dans le cadre de leur évaluation de l’appétit pour le risque et des cadres de gestion des risques.
Principe 15 : Les superviseurs doivent s’assurer que les banques identifient et évaluent de manière exhaustive l’impact des facteurs de risque liés au climat sur leur profil de risque et s’assurer que les risques financiers importants liés au climat sont correctement pris en compte dans leur gestion des risques de crédit, de marché, de liquidité, opérationnels et autres.
Principe 16 : Lors de l’évaluation de la gestion des risques financiers liés au climat par les banques contrôlées, les autorités de contrôle devraient utiliser des techniques et outils appropriés et des mesures de suivi adéquates en cas d’écart important par rapport aux attentes des autorités de contrôle.
Principe 17 : Les autorités de contrôle doivent s’assurer qu’elles disposent de ressources et de capacités suffisantes pour évaluer efficacement la gestion des risques financiers liés au climat par les banques contrôlées.
Principe 18 : Les superviseurs doivent envisager d’utiliser eux-mêmes des scénarii de risques liés au climat, y compris les tests de résistance, afin d’identifier les enjeux selon les établissements, d’appréhender les facteurs de risque pertinents, de dimensionner les expositions des portefeuilles, d’identifier les lacunes en matière de données et de vérifier l’adéquation des approches de gestion des risques.
11. Conclusion
Comme le souligne le document du comité de Bâle, les pratiques devraient évoluer rapidement, au fur et à mesure de l’évolution de nos connaissances par rapport aux enjeux climatiques. A ce stade, ce document est consultatif et sera potentiellement amené à évoluer, même si les principes eux-mêmes peuvent difficilement être remis en question compte-tenu de la pertinence du contenu.
Si tout un chacun est bien conscient de ces enjeux pour les générations futures, la mise en œuvre de ces dispositifs vient s’ajouter à une liste déjà bien fournie des exigences de conformité.
Il en va néanmoins de la responsabilité sociétale des établissements de répondre positivement à ces injonctions au service d’une finance plus durable. Ce n’est que le début d’un nouveau sujet pour les établissements …
Annexe : quel dispositif de maîtrise des risques[4]
La vigilance des établissements est fonction de leur perception des risques environnementaux et du rapport coût-bénéfice.
1. S’appuyer sur des listes de référence
Dans un premier temps, les établissements ont besoin de références, de listes prédéfinies, de critères pour les aider dans cette approche et limiter l’hétérogénéité actuelle.
A l’instar de la LCB-FT où les listes prolifèrent (Liste des pays tiers non coopératifs, liste des Personnes Politiquement exposées, liste des pays selon indice de corruption publié par ONG TI international etc.), les établissements utilisent des listes et en attendent d’autres pour adapter leur approche par les risques (Liste du Global Coal Exit[5] – GCE, liste d’exclusion Pétrole & Gaz attendue de la part de l’ONG Urgewald, Évaluation Trucost[6] etc.). Cela facilitera l’homogénéisation des approches et ainsi la comparabilité.
2. Mettre en place Une cartographie et une classification adaptées
La cartographie prend en compte ces sujets afin de définir de nouveaux scénarii et de les évaluer ; La classification permettra de dresser un profilage client et investissement et permettra de développer un équivalent de classification des risques ; La classification permettant de définir un profil de risque en croisant un client (émetteur) avec un projet voire une zone géographique et d’en déterminer des règles de prises de décision. La classification est, à l’instar de celle liée à la LCB-FT, en phase avec le business model de l’établissement.
3. Disposer d’un cadre de contrôle proportionné
Bien évidemment, quel que soit les référentiels externes sur lesquels l’établissement s’appuie, le dispositif doit être contingent à l’activité de l’acteur financier. La cartographie permet un dispositif de contrôle proportionné aux enjeux. Les contrôles facilitent l’identification des écarts par rapport à la Politique dans le cadre des différents investissements-financements-placements réalisés.
Le dispositif de contrôle doit pouvoir s’appuyer sur des compétences adaptées. En matière de LCB-FT, d’anciens policiers ont été recrutés. Va-t-on aller vers des recrutements d’ex-responsable de plateforme pétrolière, des spécialistes des énergies fossiles issues de grandes sociétés liées à l’énergie en complément de ceux qui ont suivi des parcours orientés développement durable ?
4. Disposer d’Un référentiel pertinent
Là encore, le référentiel joue un rôle-clé, permettant de scorer entreprise et projet selon le niveau de risque. Il servira d’appui pour les contrôles et l’analyse de données afin d’émettre des statistiques qui gagneront en fiabilité. L’enjeu de qualité des données reste encore et toujours un sujet essentiel.
5. Mettre en œuvre Un dispositif d’alerte et d’escalade
Le dispositif s’appuie sur des scénarii (en lien notamment avec les différentes études publiées notamment par l’ACPR et l’ABE) qui permettent de définir des indicateurs d’alerte. Ces indicateurs s’inviteront progressivement dans le cadre d’appétence et feront l’objet de limites et de seuil de résilience à horizon 2030. Un suivi par exemple des expositions par rapport à la liste GCEL ou la Global Oil and Gas Exit List (GOGEL) à paraître prochainement (à l’instar des indicateurs utilisés dans ce rapport) semble être une première étape pour traduire l’implication de la gouvernance vis-à-vis de ces sujets.
Cela permettra aux instances de gouvernance de s’assurer que le profil de risque reste dans les limites de leur appétence par rapport à ces thématiques.
[1] « Principles for the effective management and supervision of climate related financial risks » Issued for comment by 16 February 2022 – November 2021 – https://www.bis.org/bcbs/publ/d530.pdf
[2] Cf. News AFGES du 10.11.21 « Qu’en est-il des engagements financiers des acteurs financiers ? »
[3] Risk Appetite Framework
[4] Extrait de la News AFGES du 10.11.21 « Qu’en est-il des engagements financiers des acteurs financiers ? »
[5] GCEL : Global Coal Exit List (liste mondiale de la sortie du charbon publiée pour la première fois en 2017 lors du sommet de l’ONU (novembre 2017). Base de données lancée par l’ONG allemande Urgewald sur les sociétés participant à la chaîne de valeur de l’industrie du charbon thermique (plus de 770 sociétés concernées). Prochaine publication le 4 novembre sur site gogel.org.
[6] Trucost : agence de notation extra-financière. Elle note les entreprises en fonction de leurs émissions de CO2. Elle travaille aussi sur leur empreinte « eau ».[:en]The Basel Committee has just issued a consultative document on best practices for managing climate issues[1]. The topic is topical and, in the continuity of the reports on this subject[2]. The Basel Committee is thus seeking to provide a framework for the governance system on this subject.
The following is a summary of the main elements of this document, structured around 18 principles, and translates them into recommendations.
1. Concerning the governance and organization of the system
Institutions need to consider the potential impacts of climate-related risk factors on their individual business models and assess the financial materiality of these risks.
Banks should manage climate-related financial risks in a manner commensurate with the nature, scale and complexity of their business and in line with their risk appetite.
Climate-related risks can have very diverse impacts in terms of the sectors and geographical areas concerned.
In addition, climate issues can affect risks over periods longer than 2-3 years, which is generally linked to capital planning.
The bank must therefore have a system that allows it to establish itself over the long term while being flexible and responsive to future uncertainties.
2. Governance principles: accountability and competence
Principle 1: Banks should develop and implement a structured process for understanding and assessing the potential impact of climate-related risk factors on their business and the environments in which they operate.
Principle 2: The board and senior management should clearly assign climate-related responsibilities to members and committees and exercise effective oversight of climate-related financial risks.
Recommendations
- Ensure that the board and senior management have an adequate understanding of climate-related financial risks and that senior management has the right skills and experience to manage these risks. Where necessary, banks should enhance the level of expertise of the board and senior management.
Principle 3: Banks should adopt appropriate policies, procedures and controls, to be implemented throughout the organisation, to ensure effective management of climate-related financial risks.
3. INTERNAL CONTROL FRAMEWORK: role of the control lines
Principle 4: Banks should integrate climate-related financial risks into their internal control frameworks across the three lines of defence to ensure robust, comprehensive and effective identification, measurement and mitigation of climate-related financial risks.
Recommendations
Include a clear definition and assignment of climate-related responsibilities and reporting lines throughout the organization as part of the internal control framework.
- Specify the role of the control lines :
- The front line: climate risk assessments at client intake, credit application and credit. Staff must have sufficient awareness and understanding to identify potential climate-related financial risks.
- The second line of defence: the risk function should be responsible for independent assessment and monitoring of climate-related risks, including challenging the initial assessment by front-line staff.
- The compliance function is responsible for ensuring compliance with applicable rules and regulations.
- The third line of defence, the internal audit function, should conduct regular reviews of the overall internal control framework and systems in light of changes in methodology, activities and risks, and the quality of data used.
4. Acapital and liquidity issue
Principle 5: Banks should identify and quantify climate-related financial risks and incorporate those deemed material over relevant time horizons into their internal assessment of capital adequacy and liquidity.
Recommendations
- Develop processes to assess the impact on solvency of climate-related financial risks that may arise over their capital planning horizons (ICAAP).
- Assess whether climate-related financial risks are likely to result in net cash outflows or depletion of cash reserves under business-as-usual and stress conditions.
- Build scenarios with relevant time horizons to assess the potential impact on liquidity adequacy (ILAAP).
5. risk management: a potential entrant to the RAF [3]
Principle 6: Banks should identify, monitor and manage all climate-related financial risks that could adversely affect their financial condition, including capital and liquidity resources.
Recommendations
- Integrate these issues into the Risk Appetite Framework (RAF) and monitor this appetite.
- Ensure, as a governance body, that these issues are taken into account, depending on their significance.
- Regularly assess climate-related financial risks and provide clear definitions and thresholds (limits) for these risks.
- Integrate concentration issues, particularly those related to industry, economic sectors and geographic regions.
- Develop appropriate key risk indicators for effective management of significant climate-related risks, which are part of the information and communication loop (escalation mechanism).
6. PILOTING AND COMMUNICATION: information and data quality issues
Principle 7: Risk aggregation capabilities and internal risk reporting practices should take into account climate-related financial risks. Banks should ensure that their internal reporting systems are capable of tracking significant climate-related financial risks and producing timely information for effective board and senior management decision-making.
Recommendations
- Have risk data aggregation capabilities to facilitate the identification and reporting of risk exposures, concentrations and emerging risks.
- Have systems in place to collect and aggregate climate-related financial risk data across the banking group as part of overall data governance.
- Find an intermediate situation when reliable or comparable climate data are not available; possibility of using reasonable approximations and assumptions as alternatives in internal reporting to improve data quality.
- Actively engage clients and counterparties and collect additional data to better understand climate-related financial risks.
- Set up adapted and periodic reports
7. INFLUENCE OF CLIMATE ISSUES ON CREDIT RISK MANAGEMENT
Principle 8: Banks should consider the impact of climate-related risk factors on their credit risk profiles and ensure that credit risk management systems and processes take into account significant climate-related financial risks.
Recommendations
- Have clearly defined credit policies and processes to incorporate these risk factors into the credit risk management process (including counterparty risk).
- Consider significant financial climate risks throughout the credit lifecycle, including in the process of integrating and continuously monitoring client risk profiles.
- Monitor concentration risk related to climate issues: identify, measure, assess, monitor, report and manage these concentrations (concentration in certain geographical areas or sectors related to climate factors)
8. Global management of market, liquidity, operational and other risks
Principle 9: Banks should understand the impact of climate-related risk factors on outstanding market risk exposures and ensure that market risk management systems and processes take into account material financial climate-related risks.
Recommendations
- Identify climate-related risk factors that could affect the value of financial instruments in the portfolios; assess the potential risk of losses and increased volatility in the portfolios, and establish effective processes to control these risks.
- Possible elaboration of stress scenarios in the context of the trading portfolio (in particular the stakes in terms of liquidity of instruments).
- Evaluation of the influence of climate issues on the valuation and liquidity of hedging instruments.
Principle 10: Banks should consider the impact of climate-related risk factors on their liquidity risk profile and ensure that the liquidity risk management process properly incorporates them.
Recommendations
- Assess the impact of climate-related financial risks on net cash outflows (e.g., increased credit line drawdowns, accelerated deposit withdrawals) or the value of assets constituting their liquidity reserves.
- Take into account these impacts, where appropriate, in the calculation of liquidity cushions and in their liquidity risk management framework.
Principle 11: Banks should understand the impact of climate-related risk factors on their operational risk and ensure that risk management systems and processes address significant climate-related risks.
More broadly, all risks must be taken into account, such as strategic and reputational risk as well as compliance risk.
Recommendations
- Assess the impact of climate-related risk factors on overall operations and on the ability to continue to provide essential services.
- Consider the influence of climate-related risks on business continuity and assess the relevance of current continuity plans.
- Anticipate strategic, reputational, litigation and/or liability issues that may arise from changes in the regulatory environment and stakeholder expectations.
- Integrate these issues upstream of the strategy.
9. The role of scenarios
Principle 12: Where appropriate, banks should use scenario analysis and stress testing to assess the resilience of their business models and strategies in the face of uncertainty about the impact of these issues.
These analyses should consider physical and transitional risks as factors in credit, market, operational and liquidity risk over a range of relevant time horizons.
Recommendations
- The objective(s) of climate scenario analysis, including stress testing, should be linked to the bank’s overall climate risk management objectives as defined by the governance bodies (role of the Board and senior management).
- Example of objectives (linked to what was presented earlier):
- Analyze the impact of climate change and the transition to a low-carbon economy on the bank’s strategy and the resilience of its business model;
- Identify climate-related risk factors ;
- Measure the bank’s vulnerability to climate issues and estimate potential exposures and losses;
- Assessing the limitations of climate risk management data and methods ;
- Set up an information and communication circuit to facilitate management control of the situation. Provide periodic visibility on the control of these issues.
- Define scenarios adapted to the bank’s business model, its risk profile and its commercial strategy.
- Have sufficient capacity and expertise to carry out the analysis of climate scenarios, which must be proportionate to the size, business model and complexity of the operations.
- Use of a range of time horizons, from short to long term, to target different risk management objectives. Longer time frames (higher levels of uncertainty), can be used to assess the resilience of existing strategies and business models to structural changes in the economy, financial system or risk allocation.
10. Supervision issues
Finally, principles are established concerning the role and tasks of the supervisor in relation to these issues. We present them below, without these principles calling for any particular remarks.
Principle 13: Supervisors should assess whether banks’ integration of material climate-related financial risks into their business strategies, corporate governance and internal control frameworks is robust and comprehensive.
In particular, it is a matter of ensuring that the executive and deliberative bodies take proper account of these issues.
Recommendations
- Evaluate the effectiveness of the Board’s and senior management’s oversight of climate-related financial risks and ensure that the Board and senior management receive accurate and appropriate internal reporting of significant climate-related financial risks in order to exercise this oversight.
Principle 14: Supervisors should consider whether banks are able to adequately identify, monitor and manage all significant climate-related financial risks as part of their risk appetite assessment and risk management frameworks.
Principle 15: Supervisors should ensure that banks comprehensively identify and assess the impact of climate-related risk factors on their risk profile and ensure that significant financial climate-related risks are appropriately considered in their management of credit, market, liquidity, operational and other risks.
Principle 16: When assessing supervised banks’ management of climate-related financial risks, supervisors should use appropriate techniques and tools and adequate follow-up action in the event of significant deviation from supervisory expectations.
Principle 17: Supervisors should ensure that they have sufficient resources and capacity to effectively assess the management of climate-related financial risks by supervised banks.
Principle 18: Supervisors should consider using climate risk scenarios themselves, including stress tests, to identify issues across institutions, understand relevant risk factors, size portfolio exposures, identify data gaps, and test the adequacy of risk management approaches.
11. Conclusion
As the Basel Committee’s document points out, practices should evolve rapidly as our knowledge of climate issues evolves. At this stage, this document is consultative and will potentially evolve, even if the principles themselves can hardly be questioned given the relevance of the content.
While everyone is well aware of these issues for future generations, the implementation of these devices adds to an already extensive list of compliance requirements.
It is nevertheless the social responsibility of institutions to respond positively to these injunctions in the service of more sustainable finance. This is only the beginning of a new subject for institutions …
Appendix: Risk Control Issues [4]
The vigilance of institutions depends on their perception of environmental risks and the cost-benefit ratio.
1. The role of reference lists
Initially, institutions need references, predefined lists, and criteria to help them in this approach and limit the current heterogeneity.
As in the case of LCB-FT, where lists proliferate (List of non-cooperative third countries, list of Politically Exposed Persons, list of countries according to the corruption index published by NGO TI International, etc.), institutions use lists and expect others to adapt their risk-based approach (Global Coal Exit List [5]– GCE, Oil & Gas Exclusion List expected from NGO Urgewald, Trucost [6]Assessment, etc.). This will facilitate the homogenisation of approaches and thus comparability.
2. Adapted mapping and classification
The classification will make it possible to draw up a client and investment profile and to develop an equivalent risk classification. The classification will make it possible to define a risk profile by crossing a client (issuer) with a project or even a geographical area and to determine decision-making rules. Like the LCB-FT classification, the classification is in line with the institution’s business model.
3. A proportionate control mechanism
Obviously, whatever the external standards on which the institution relies, the system must be appropriate to the activity of the financial player. Mapping enables a control system that is proportionate to the issues at stake. The controls facilitate the identification of deviations from the Policy in the context of the various investments-financing-investments made.
The control system must be able to rely on appropriate skills. In the area of AML/CFT, former police officers have been recruited. Are we going to see the recruitment of former oil rig managers, fossil fuel specialists from large energy companies, in addition to those who have followed sustainable development-oriented courses?
4. A relevant frame of reference
Here again, the repository plays a key role, allowing the company and project to be scored according to the level of risk. It will serve as a support for controls and data analysis in order to produce statistics that will become more reliable. The issue of data quality remains an essential subject.
5. An alert and escalation device
The system is based on scenarios (in connection with various studies published by the ACPR and the EBA, among others) that make it possible to define warning indicators. These indicators will gradually be incorporated into the suitability framework and will be subject to limits and a resilience threshold by 2030. Monitoring, for example, of exposures in relation to the GCEL list or the Global Oil and Gas Exit List (GOGEL) to be published soon (like the indicators used in this report) seems to be a first step to reflect the involvement of governance in these issues.
This will enable the governance bodies to ensure that the risk profile remains within the limits of their appetite for these themes.
[1] “Principles for the effective management and supervision of climate related financial risks” Issued for comment by 16 February 2022 – November 2021 – https://www.bis.org/bcbs/publ/d530.pdf
[2] Cf. AFGES News of 10.11.21 “What about the financial commitments of financial actors?
[3] Risk Appetite Framework
[4] Extract from the AFGES News of 10.11.21 “What about the financial commitments of financial actors?”
[5] GCEL: Global Coal Exit List first published in 2017 at the UN summit (November 2017). Database launched by German NGO Urgewald on companies involved in the thermal coal industry value chain (over 770 companies involved). Next publication on 4 November on gogel.org.
[6] Trucost: non-financial rating agency. It rates companies according to their CO 2 emissions. It also works on their “water” footprint.[:]
